La Semaine

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Direct FM

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Quand les frères Lumière filmaient la place Stanislas à Nancy

Dans une exposition à découvrir jusqu’au 7 avril à la médiathèque de Laxou, Les Bobines de l’Est ont réuni les œuvres graphiques réalisées par Théo-D, à partir d’arrêts sur image de films. Parmi ces images, on retrouve un cliché réalisé par les frères Lumière à Nancy.

Les Bobines de l’Est a « déterré » un cliché historique ; une prise de vue des frères Lumières en 1899, sur la place Stanislas à Nancy. Les inventeurs du cinéma y ont tourné 39 secondes de films, dans lesquelles on voit tout simplement les passants du 19ème siècle déambuler à pieds, ou en calèche. Ce film des frères Lumières est à découvrir jusqu’au mois de septembre sur le site des Bobines de l’Est.

Au total, une centaine de films a été recensée jusqu’à aujourd’hui ; des films sortis au cinéma et datés de 1899 à 2015, qui incluent la Lorraine. Ils ont pu être tournés dans la région, ou bien avoir mis en avant un produit du terroir lorrain. « On va regarder beaucoup de films, interroger des bases de données, des personnes qui ont pu assister à un tournage, ou encore les institutions », précise Delphine Le Nozach, l’objectif étant d’établir un large catalogue.

Une grande partie de ce travail de recherche est donc à découvrir jusqu’au 7 avril à la médiathèque de Laxou, à travers le travail graphique de l’artiste Théo-D.

L’exposition se veut itinérante, et devrait investir d’autres lieux culturels en Lorraine, voire dans le Grand Est. Les personnes intéressées peuvent même prolonger l’expérience, grâce à l’application « les Bobines de l’Est », qui propose des parcours cinématographiques.

Enfin, à noter, que tout le monde est invité à contribuer au travail de recherche des Bobines de l’est. Un formulaire participatif est mis en ligne sur le site internet des bobines, dans lequel vous pouvez indiquer les films qui parlent de la Lorraine ou même du Grand Est.

Alicia Méchin

Est Républicain

Est Républicain

L’application mobile Les Bobines de l’Est

L’application mobile Les Bobines de l’Est

Le projet Les Bobines de l’Est s’intéresse à la présence de la région Grand Est dans le cinéma. De 1899 à aujourd’hui, ces insertions filmiques constituent un inédit catalogue de longs-métrages et mettent en lumière la richesse de la région et ses différents visages cinématographiques. Parcourez le site internet (www.lesbobinesdelest.com) et laissez-vous surprendre par la cartographie de lieux familiers mis en scène par les réalisateurs de fiction.

Des parcours découverte dans votre smartphone

L’application mobile dédiée au projet permet d’établir des parcours de la région à travers les films. Grâce à la géolocalisation, vous êtes guidés à travers la Lorraine et (re)découvrez votre territoire et votre patrimoine sous les projecteurs du 7e art. Ces excursions originales insufflent une dimension touristique et populaire au projet. Prêt(e) pour l’exploration ? Il vous suffit de télécharger l’application gratuite sur l’App Store ou sur Google Play.

 

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Conception des illustrations Les Bobines de l’Est

Conception des illustrations Les Bobines de l’Est

Théo-D nous explique sa démarche créative pour la conception des illustrations Les Bobines de l’Est et nous expose quelques réalisations.  Vous pouvez découvrir l’ensemble de son travail graphique sur son site.

« Il y a quelques mois, Delphine Le Nozach (Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication, Université de Lorraine) m’a présenté son projet : répertorier chaque lieu de Lorraine (très prochainement du Grand Est) représenté dans un film. Projet initié dans le cadre de ses travaux de recherches et porté par le Centre de recherche sur les médiations.

Ma mission ?

J’ai réalisé un peu plus de soixante illustrations inspirées de films tournés dans le Grand Est (Citer film). Mon travail a été exposé à l’UGC Ciné Cité de Ludres en présence du réalisateur Philippe Claudel.

J’avais pour objectif de mettre en valeur les éléments dits remarquables et notamment patrimoniaux du Grand Est. Ma principale difficulté a été de garder une cohérence entre chaque visuel. 

Comme vous le constaterez ci-dessous, ces illustrations ont également été déclinées en divers documents : kakémono, invitation, flyers, affiches, visuels pour le cinéma, afin de promouvoir le projet et l’événement. »

L’exposition à la médiathèque de Laxou

L’exposition à la médiathèque de Laxou

Jusqu’au 7 avril, la médiathèque de Laxou (17 rue Maréville) accueille l’exposition « La Lorraine au cinéma ». L’occasion de voir ou revoir les œuvres graphiques réalisées par Théo-D ! À partir d’arrêts sur image des films, ces illustrations révèlent les inscriptions régionales dans les fictions cinématographiques. La madeleine de Commercy, le lac de Gérardmer, le zoo d’Amnéville ou encore la Place Stanislas de Nancy, ces placements de produits filmiques sont multiples et parfois étonnants !

 

Le vernissage de l’exposition s’est déroulé le mercredi 7 mars 2018 à 18h00. Un moment de partage et de convivialité au cœur de la Lorraine filmique. Merci à tous !

 

Au catalogue Escales des sciences

Au catalogue Escales des sciences

LA LORRAINE AU CINÉMA

L’exposition « La Lorraine au cinéma » rejoint le catalogue d’expositions itinérantes « Escales des sciences » et pose ses valises à Laxou du 7 mars au 7 avril 2018.

Les illustrations originales, réalisées par Théo Dé, vous invitent à voyager dans la Lorraine filmique à travers des arrêts sur images choisis parmi des films produits entre 1899 et 2015.

Cette exposition, conçue par Delphine le Nozach, s’inscrit dans le projet « Les Bobines de l’Est », porté par le Centre de Recherche sur les Médiations (EA 3476) de l’Université de Lorraine.

Les Bobines de l’Est proposent un catalogage inédit de films présentant des insertions visuelles et sonores de l’ancienne région : départements, villes, villages, lieux-dits, entreprises, organisations, marques et produits. Cet état des lieux dresse une cartographie des apparitions de la Lorraine dans les fictions cinématographiques et met en lumière sa richesse culturelle, patrimoniale et territoriale.

 

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Profession Spectacle

Profession Spectacle

22 novembre 2017

Découvrir et valoriser le territoire par le cinéma

Tout film a besoin de décor pour situer son action, faire évoluer ses personnages, tisser sa trame narrative. De ce fait, le territoire et la création cinématographique sont intrinsèquement liés. Cette relation fait aujourd’hui l’objet d’autorisations de tournage et de partenariats contractualisés.

Le placement territorial filmique est par nature stratégique : il s’agit pour les collectivités d’attirer des tournages sur leurs terres, d’en percevoir les bénéfices économiques mais également communicationnels. Effectivement, au-delà des intérêts mercantiles, l’enjeu du placement filmique pour le territoire est un enjeu d’image, de diffusion voire de construction de son identité auprès des spectateurs.

Dans cette perspective, des opérations de ciné-tourisme sont organisées afin de valoriser le patrimoine territorial à travers le 7e art. Le projet « Les Bobines de l’Est » s’inscrit dans cette démarche en proposant un site web et une application mobile (disponible sur Androïd et sur iOS) dédiés à la présence de la région Lorraine au cinéma. Ces dispositifs culturels et touristiques ont pour objectif de mettre en synergie la création cinématographique en Lorraine et le rayonnement de son territoire.

The Conversation France

The Conversation France

20 novembre 2017

Ciné-tourisme : découvrir et valoriser le territoire par le cinéma

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La place Stanislas dans Une femme française de Régis Wargnier.

Des opérations de ciné-tourisme sont organisées afin de valoriser le patrimoine territorial à travers le 7e art. Le projet « Les Bobines de l’Est » s’inscrit dans cette démarche en proposant un site web et une application mobile dédiés à la présence de la région Lorraine au cinéma. Ces dispositifs culturels et touristiques ont pour objectif de mettre en synergie la création cinématographique en Lorraine et le rayonnement de son territoire.

Ciné-tourisme : découvrir et valoriser le territoire par le cinéma

Ciné-tourisme : découvrir et valoriser le territoire par le cinéma

Tout film a besoin de décor pour situer son action, faire évoluer ses personnages, pour tisser la trame narrative filmique. De ce fait, le territoire et la création cinématographique sont intrinsèquement liés. Cette relation fait aujourd’hui l’objet d’autorisations de tournage et de partenariats contractualisés. Le placement territorial filmique est par nature stratégique : il s’agit pour les collectivités d’attirer des tournages sur leurs terres, d’en percevoir les bénéfices économiques mais également communicationnels. Effectivement, au-delà des intérêts mercantiles, l’enjeu du placement filmique pour le territoire est un enjeu d’image, de diffusion voire de construction de son identité auprès des spectateurs.

Dans cette perspective, des opérations de ciné-tourisme sont organisées afin de valoriser le patrimoine territorial à travers le 7e art. Le projet « Les Bobines de l’Est » s’inscrit dans cette démarche en proposant un site web et une application mobile dédiés à la présence de la région Lorraine au cinéma. Ces dispositifs culturels et touristiques ont pour objectif de mettre en synergie la création cinématographique en Lorraine et le rayonnement de son territoire.

Retracer l’Histoire grâce au patrimoine cinématographique

Les liens entre le cinéma et le territoire se mettent en place dès les premiers temps du 7e Art. Dans les films tournés par les frères Lumière et leurs opérateurs à la fin du XIXe siècle, territoire et patrimoine régionaux sont exposés aux yeux des premiers spectateurs de cinéma. « La sortie des usines Lumière à Lyon » témoigne de leur volonté à ancrer leur narration dans la ville. Si cette première vue est historiquement célèbre, de nombreuses autres restent confidentielles.

Les Lorrains savent-ils qu’une vue de cette époque est consacrée à Nancy ? Tournée en mars 1899 et intitulée « Nancy : Place Stanislas », elle cadre une porte en fer à côté de l’Hôtel de ville. Le point de vue adopté permet d’entrevoir, dans la profondeur de champ, la place et la statue au centre de celle-ci. Ce plan-séquence fixe de quarante-deux secondes enregistre un balai de passants seuls ou accompagnés, à pied ou en calèche.

Les Bobines de l’Est révèlent et valorisent cette pépite cinématographique de la « Ville aux portes d’or », aujourd’hui encore méconnue.

Notre recherche dévoile également qu’il faut attendre près de cent ans pour revoir la place Stanislas sur grand écran. En 1995, et en couleur, Régis Wargnier lui consacre les premières et dernières scènes de son film Une femme française. Lumineuse, filmée sous le soleil, nous voyons que son revêtement est brut – les pavés ont été retirés – et que les véhicules circulent le long des bâtiments. Les dorures des portes et grilles brillent sous la lumière.

La Place Stanislas de Nancy dans le film Une femme française.

L’inscription filmique du territoire participe à la construction de sa mémoire et constitue une archive historique du lieu. La présence cinématographique témoigne des différents aménagements mis en place au fil du temps. Si le film est un document historique, il offre également la possibilité de récréer le passé en composant une diégèse d’une autre époque.

Faire rayonner le territoire mis en scène dans le cinéma

Par l’image et le son, le film peut exposer un territoire et répondre à une volonté d’ancrage géographique de la diégèse. Nous observons alors que le territoire est représenté dans sa diversité – monstration de plusieurs endroits de la ville. Nous voyons également que le nombre d’occurrences de l’insertion filmique et que sa durée d’exposition dans le film sont importants.

Dans notre corpus sur la ville de Nancy au cinéma, les films Henry (Francis Kuntz, Pascal Rémy, 2010) et Il y a longtemps que je t’aime (Philippe Claudel, 2008) se déroulent entièrement dans la ville. Celle-ci accueille la plupart des scènes, construit l’identité des personnages et implante la narration dans un décor clairement affiché (dans l’image) et explicité (dans les dialogues).

Pour leur film Henry, Francis Kuntz et Pascal Rémy campent un personnage qui tient un magasin de musique rue Stanislas en plein cœur de la ville. Les réalisateurs insistent sur la localisation de la diégèse ; la ville de Nancy est omniprésente.

La rue Stanislas de Nancy dans le film Henry.

Des scènes clés du film se déroulent notamment sur la Place Stanislas de Nancy, place emblématique de la ville. Henry cherche à revendre une guitare de grande valeur qu’il a subtilisée à la mère d’un de ses amis défunt. Un client potentiel réside au Grand Hôtel de la Reine en bordure de la place. La scène se poursuit dans les pièces intérieures de l’hôtel, un décor conforme à la réalité. Manifestement, la localisation géographique de l’histoire a été pensée dès son écriture si bien que « les vagabondages dans Nancy sonnent à chaque pas comme un hommage à la ville » (La Semaine, 26 mars 2010).

Il y a longtemps que je t’aime (Claudel, 2008) permet une véritable exploration de la ville à l’instar du personnage de Juliette. En effet, celle-ci (interprétée par Christine Scott Thomas) arrive en Lorraine au début du film invitée par sa sœur Léa (Elsa Zylberstein) et ne connaît pas la ville. Léa enseigne au Campus Lettres et Sciences Humaines de Nancy ; deux scènes se passent au parc de la Pépinière ; les sœurs partagent un moment de complicité à la piscine Nancy-Thermal ; Juliette se promène dans le centre-ville de Nancy, visite le musée de Beaux-Arts et se détend dans plusieurs cafés de la ville.

Ces géolocalisations explicitent dans les films se prêtent aisément à l’établissement d’une visite de la ville sous l’angle du cinéma. Notre application permet de tracer des parcours à partir des lieux de tournage d’un ou plusieurs films :

Mettre en lumière une présence filmique difficilement identifiable

Parfois beaucoup plus discrète, la présence du territoire au cinéma peut se limiter à un décor, à une insertion contextuelle (Le Nozach, 2013) qui, bien qu’elle offre un environnement réaliste et vraisemblable à la scène filmique, demeure indécelable.

Par exemple, dans Tous les soleils (2011), le réalisateur Philippe Claudel occupe les locaux de la Maison des Jeunes et de la Culture Lillebonne de Nancy le temps de quelques séquences. La salle de la MJC, relativement commune, ne permet pas l’identification du lieu. Les connaisseurs reconnaîtront néanmoins l’escalier intérieur du bâtiment mais cet arrière-plan ne suffit pas à inscrire symboliquement ses scènes dans le patrimoine culturel nancéien.

L’intérieur de la MJC Lillebonne de Nancy dans le film Tous les soleils.

Autre cas avec le film L’amour braque (Andrzej Zulawski, 1985) dont l’intrigue débute au cœur de Nancy. Quatre gangsters braquent une banque avant de rejoindre la gare et de quitter la ville à bord d’un train. Ici encore le réalisateur n’a pas précisé la géolocalisation diégétique. Le décor fait de la figuration dans l’image filmique.

Lorsqu’il filme le parc de la Pépinière à Nancy pour Une enfance (2015), Philippe Claudel montre le marchand de gourmandises et la roseraie situés au centre du parc.

Le parc de la Pépinière à Nancy dans le film Il y a longtemps que je t’aime.

En moins d’une minute, le réalisateur présente le lieu comme un havre de paix, comme une parenthèse enchantée dans le quotidien de ses protagonistes. L’insertion visuelle du parc de la Pépinière n’est pas assortie de mention orale. Il est donc probable que le public n’identifie pas nécessairement le territoire nancéien.

Pour Bye bye Blondie (2012), Virginie Despentes choisit d’utiliser le placement territorial pour caractériser son personnage de Gloria (adulte) interprété par Béatrice Dalle. Artiste sculpteur, Gloria « porte une énergie de vie, destroy » (dossier de presse du film). La réalisatrice place son personnage au T.O.T.E.M. à Nancy, Art factory dédié à la création. Dans cet exemple comme dans les précédents, ce n’est pas tant la ville de Nancy qui est placée qu’un lieu particulier de celle-ci.

Si les réalisateurs ne donnent pas toujours les indices suffisants pour s’assurer la reconnaissance du territoire, les dispositifs communicationnels créés par Les Bobines de l’Est permettent de valoriser cette intégration filmique auprès des résidents, des touristes mais également des professionnels du secteur. Il s’agit de faire découvrir les ressources de la région en mettant en avant ses atouts et la diversité de ses ressources tant naturelles, culturelles que patrimoniales.

Delphine Le Nozach – The conversation France