Les rivières pourpres 2 – Les anges de l’Apocalypse

Les rivières pourpres 2 – Les anges de l’Apocalypse

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2004
  • Réalisateur : Olivier Dahan
  • Scénaristes : Luc Besson et Jean-Christophe Grangé (roman)
  • Production : Studio Légende, Europa Corp, TF1 Films Production et Canal +
  • Distribution : Europa Corp Distribution

« Dahan a visité le fort une première fois. À la fin de la matinée, il avait déjà tout mis au point dans sa tête ! » Gilbert Leroy, président de l’association des Amis de l’ouvrage de Fermont et de la ligne Maginot.

Le Républicain Lorrain, 22 juillet 2016

« Le lieu colle véritablement à l’esprit des Rivières pourpres. Il est angoissant et fascinant ».

Jean Reno, Comme au cinéma

 

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scènes à Longwy, à l’église Sainte Barbe de Crusnes, à Briey et au Fort de Fermont (Meurthe-et-Moselle)
  • scènes tournées à Hayange et au Canal des Houillères de la Sarre (Moselle)
  • scène tournée à l’Abbaye de Lavaudieu (Auvergne) mais annoncée comme étant l’Abbaye de Labaudieu en Lorraine
  • produit régional : le journal L’Est Républicain
  • mention écrite : plaque d’immatriculation 54
  • mention sonore : « Je voudrais un petit blanc sec svp. – On n’est pas en Alsace ici. […] – On va prendre 3 Lorraine s’il vous plaît. »
  • mention sonore : « Il y a une multitude de lacs artificiels comme celui-ci, tous construits dans les années 30. Ils sont reliés entre eux par le canal des Houillères, c’est une sorte de ligne Maginot aquatique si on veut » (Moselle)

Le film a été tourné sur les lieux de l’action, à savoir en Lorraine, sur la ligne Maginot. L’équipe de production a également filmé certaines scènes dans le Fort de Fermont et dans un monastère d’Auvergne complètement redécoré pour l’occasion. Les séquences se déroulant dans le commissariat ont quant à elles été tournées dans les Grands Bureaux de Senelle à Herserange (Meurthe et Moselle).

 

Synopsis : Pour le commissaire Pierre Niemans, l’homme retrouvé emmuré dans un monastère de Lorraine n’est pas une victime comme les autres. Les signes ésotériques gravés autour de lui et l’étrange rituel de son sacrifice annoncent bien autre chose… Lorsque Reda, jeune capitaine de la police, découvre l’exact sosie du Christ à demi-mort au pied d’une église, il croit d’abord avoir sauvé un illuminé. Mais rapidement, il va s’apercevoir que cette affaire est liée à celle de Niemans, dont il fut l’élève à l’école de police…

  • Action
  • Église
  • Fort
  • Thriller

Baise-moi

Baise-moi

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2000
  • Réalisateur : Virginie Despentes, Coralie Trinh Thi
  • Scénaristes : Virginie Despentes, Coralie Trinh Thi
  • Production : Canal +, Pan Européeenne, Take one, Toute première fois
  • Distribution : Pan Européenne Distribution

« Le cinéma français a toujours du mal à représenter la province et j’aime tourner là-bas, comme je l’ai fait dans les Vosges pour Baise-moi ».

Virginie Despentes (Dossier de presse officiel du film Bye Bye Blondie)

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scène au Val-d’Ajol (Vosges) : le Centre Auto Val Pneus
  • scène aux alentours du lac de Gérardmer (Vosges)
  • Mention sonore : « Je nous trouve bien loin des Vosges en ce moment. Faudra penser à y être pour le 13 »

Une partie du film Baise-moi se situe dans le département des Vosges. Originaire de la région, la réalisatrice apprécie de filmer des paysages qui lui sont familiers.

Le climax du film a lieu en Lorraine : Manu (Raffaëla Anderson) entre dans le Centre Auto Val Pneus pour braquer l’établissement. Mais le gérant, armé, la prend par surprise et lui tire dessus. Restée à l’extérieur, Nadine (Karen Bach) accourt et tue le responsable du garage. Mortellement touchée, Manu est transportée par son binôme sur les rives du lac de Gérardmer où elle décède. Nadine se retrouve seule et désespérée.  Elle envisage de se suicider mais finit par se faire arrêter. En arrière-plan de la  scène finale, le lac paisible et ses hauts sapins verts, immuables.

 

Synopsis : Nadine et Manu sont deux filles dingues, appliquées au possible, voire perfectionnistes. Elles ont plusieurs points communs : le sexe extrême, la drogue, la bière et la gâchette. Elles arrangent les problèmes à coups de flingue et gare à ceux qui se mettent sur leur passage !

  • Lac
  • Thriller

Un Amour de pluie

Un Amour de pluie

  • Nationalité : France
  • Année de production : 1973
  • Réalisateur : Jean-Claude Brialy
  • Scénaristes : Jean-Claude Brialy
  • Production : Lira films, Trae, Terra filmkunst
  • Distribution : StudioCanal, Astro Distribution

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scènes à Vittel (Vosges)
  • scène à Domrémy-la-Pucelle (Vosges) : la fontaine des Fiévreux
  • scène à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne) : la Croix de Lorraine
  • plan à Vézelise (Meurthe-et-Moselle) : l’hôtel de la Pucelle
  • produits régionaux : le journal L’Est Républicain et la bouteille d’eau de Vittel (Vosges)
  • mentions écrites : la pancarte promotionnelle pour la visite de Colombey-les-Deux-Églises, le panneau d’entrée de la ville de Colombey-les-Deux-Églises et l’enseigne de la boutique « À la Croix de Lorraine » (Haute-Marne), l’affiche pour le cinéma de Vittel, le panneau d’entrée de la ville de Domrémy-la-Pucelle, les plaques d’immatriculation 88 (Vosges) et le panneau routier en direction de Verdun (Meuse)
  • mention sonore : « Oh tu sais Colombey… Mais les Vosges c’est pas mal. Le lac me fascine… »

Elizabeth (Romy Schneider) et sa fille Cécile (Bénédicte Bucher) passent leurs vacances à Vittel. Elles profitent de leur temps libre pour visiter la région, ensemble ou chacune accompagnée de leur amour estival. Parmi les visites les plus marquantes, Cécile et Georges (Mehdi El Glaoui) se rendent à Domrémy-la-Pucelle (Vosges) et passent un moment à la Fontaine des Fièvreux ; Elizabeth et Cécile s’arrêtent devant la Croix de Lorraine avant de boire un verre dans un bar de Colombey-les-Deux-Églises.

 

Synopsis : Une mère et sa fille de 15 ans, partent en cure pour leurs vacances. La mère tombe sous le charme d’un Italien, Giovanni, tandis que sa fille s’amourache du cuisinier de l’hôtel, Georges.

  • Comédie dramatique
  • Fontaine
  • Lac
  • Produit

Les Grandes Gueules

Les Grandes Gueules

  • Nationalité : France
  • Année de production : 1965
  • Réalisateur : Robert Enrico
  • Scénaristes : Robert Enrico, José Giovanni
  • Production : Belles rives productions, Société Nouvelle de Cinématographie
  • Distribution : Société Nouvelle de Cinématographie

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scènes à Gérardmer (Vosges) : Mairie, l’hôtel de la Jamagne, le café Abraham, et la scierie du Haut Fer au lieu-dit La Clairière de Cellet
  • scènes à La Bresse, Saint-Dié, Bertrichamps, Val-et-Châtillon, Le Haut-du-Tôt et Vagney (Vosges)

Le film a entièrement été tourné dans les Vosges et l’équipe du film a séjourné au village de Vagney plusieurs semaines durant l’été 1965. Une scène a particulièrement marqué les esprits : la fête des Bûcherons, place Caritey.

À l’époque, le 14 juin 1965, la foule envahit le village. Selon la presse, 10 000 personnes ont assisté au tournage de cette séquence. Depuis, le film est devenu mythique pour les Vosgiens. En 2015, soit 50 ans après le tournage, ils se mobilisent pour faire revivre la fête des bûcherons. « Les gens se sont complètement approprié ce film et cette histoire. Le thème du roman de José Giovanni est très original et ce côté western vosgien reste aujourd’hui encore très contemporain. Il y a développé des notions comme celles de la réinsertion, du regard du voisin, de l’étranger et l’amitié. Le tournage dirigé par Robert Enrico dans un secteur isolé à Cellet, là où il y avait le haut-fer, cela donne au film un aspect intemporel », raconte Jean-Pascal Voirin, auteur du livre « L’extraordinaire aventure des Grandes Gueules » (Vosges Matin, 24 juin 2015).

Si le territoire vosgien est placé dans le film, le long-métrage a également marqué les lieux. Par exemple, le café Chevillot a été rebaptisé le café des Grandes Gueules.

 

Synopsis : Hector Valentin revient dans ses Vosges natales hériter de la scierie familiale. Il embauche plusieurs repris de justice sans se soucier de Therraz, l’homme fort de la vallée.

  • Bar
  • Comédie dramatique
  • Forêt

C’est arrivé près de chez vous

C’est arrivé près de chez vous

  • Nationalité : France
  • Année de production : 1992
  • Réalisateur : Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde
  • Scénaristes : Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde, Vincent Tavier
  • Production : Les Artistes Anonymes
  • Distribution : Les Artistes Anonymes

Présence de la région Grand Est dans le film : mention sonore « Va chier dans la Meuse, on verra ton cul ! »

 

Synopsis : Faux documentaire où une équipe de journalistes suit Ben, un tueur, qui s’attaque plus particulièrement aux personnes âgées et aux personnes de classes moyennes. Peu à peu les journalistes vont prendre part aux crimes de Ben.

  • Comédie
  • Thriller

Les jolies choses

Les jolies choses

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2001
  • Réalisateur : Gilles Paquet-Brenner
  • Scénaristes : Gilles Paquet-Brenner, Virginie Despentes (roman)
  • Production : Hugo Films, M6 Films, CAPAC
  • Distribution : United International Pictures

Présence de la région Grand Est dans le film : mention sonore “Bar-le-Duc” (Meuse)

Originaires de Bar-le-Duc (Meuse), Lucie (Marion Cotillard) quitte sa ville natale pour Paris tandis que sa sœur jumelle Marie (Marion Cotillard) reste dans la maison familiale. Assez rapidement, Marie la provinciale veut se faire passer pour sa jumelle parisienne. L’une est naturelle, l’autre sophistiquée. Pour que la supercherie fonctionne, Marie doit adopter l’attitude et le look de Lucie. Un proche, Nicolas (Stomy Bugsy) fait remarquer à Marie qu’elle doit s’épiler les jambes avant de sortir en jupe dans Paris. Il précise alors que des jambes non épilées ne choquent peut-être pas à Bar-le-Duc mais que ce détail ne passera pas inaperçu dans la capitale. C’est le caractère rural de la ville meusienne qui est mis en avant dans cette scène.

 

Synopsis : Marie et Lucie sont deux sœurs jumelles aux caractères diamétralement opposés. Elles se détestent et s’adorent à la fois. Lucie joue les pin-up extraverties et aime ce qui brille, tandis que Marie, beaucoup plus réservée, est un modèle d’austérité. Un jour, Lucie a la possibilité d’enregistrer un disque. Son ami Nicolas lui rappelle qu’elle ne sait pas chanter. Or, Marie possède une jolie voix. Celle-ci débarque à Paris à l’occasion d’un concert et monte sur scène à la place de sa sœur. Lorsque Marie et Nicolas reviennent chez Lucie, ils s’aperçoivent qu’elle s’est jetée par la fenêtre. La réaction de Marie est immédiate : elle décide de se faire passer pour sa sœur. Elle se prend au jeu, s’empare alors de la vie de Lucie et découvre sa face cachée.

  • Comédie dramatique

J’accuse !

J’accuse !

  • Nationalité : France
  • Année de production : 1919
  • Réalisateur : Abel Gance
  • Scénaristes : Abel Gance
  • Production : Pathé Frères
  • Distribution : Pathé Frères

Présence de la région Grand Est dans le film : mentions écrites : « Saint-Mihiel » (Meuse), « Hattonchâtel » (Meuse), « Seichprey » (Meurthe-et-Moselle), « Montsec » (Meuse) et carte du Nord-Est « Mon Alsace et ma Lorraine »

Le film d’Abel Gance, dont le titre se réfère à l’article d’Émile Zola publié au cours de l’affaire Dreyfus, est un plaidoyer contre la guerre. Le long-métrage J’accuse fait explicitement référence à la Première Guerre mondiale par les inscriptions qui apparaissent à l’écran pour situer les champs de bataille. Le film montre aussi la vie et l’attente des poilus dans les tranchées ; parmi ceux-ci figurent les deux principaux personnages du film : Jean Diaz (Romuald Joubé) et François Laurin (Séverin Mars). Les scènes de bataille ont été tournées lors des derniers mois pendant le conflit et sur les lieux-mêmes de celui-ci.

 

Synopsis : Le film met en relief deux hommes que tout sépare issus d’un même village. L’un, Jean Diaz, est poète et porte la joie de vivre ; l’autre, François Laurin est une brute qui rend sa femme Édith malheureuse, contrainte au mariage par son père. Jean et Édith tombent amoureux. La guerre éclate. Jean et François apprennent à se connaître pendant la guerre. Édith est déportée en Allemagne comme toutes les femmes de son village. Elle est violée par des soldats et parvient à s’échapper et rentre chez elle. Mais François meurt à la guerre. Quant à Jean, il devient fou, il a des visions macabres qui dénoncent et accusent les horreurs de la guerre et il finit par mourir également.

  • Drame
  • Historique

Nos résistances

Nos résistances

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2011
  • Réalisateur : Romain Cogitore
  • Scénaristes : Romain Cogitore
  • Production : Cinema Defacto
  • Distribution : Shellac distribution

« Il s’agit avant tout d’univers et de puissance imaginative. Mon lieu de vie, l’endroit où j’ai grandi, nourrit mon imaginaire. Du pays Welche à la vallée de Munster, des collines du vignoble aux chaumes, des villes étudiantes jusqu’aux sommets désertés. La beauté de ces paysages, les cicatrices des guerres dans le relief de certains champs, les légendes qui peuplent les lieux-dits – les montagnes vosgiennes sont mon univers, ce que cela comporte comme charge émotionnelle, historique et légendaire. C’est donc de là, naturellement, que partent mes histoires. Filmer dans le massif vosgien, c’est le désir d’emmener les gens chez moi. »

Romain Cogitore (Dossier de presse officiel du film)

Une production soutenue par la région Lorraine, la région Alsace, la Communauté Urbaine de Strasbourg et le CNC.

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scènes à Plainfaing et à Fontenoy-le-Château (Vosges)
  • scènes à Metzeral (Haut-Rhin)
  • scène à Lapoutroie (Haut-Rhin) : hôtel de l’étang du Devin

Le premier long-métrage de Romain Cogitore, né en Lorraine, nous plonge dans une histoire intime où l’Histoire percute la vie d’un groupe d’adolescents. Le film naît à partir d’une image. Le réalisateur explique : « La photo du groupe de maquisards où se trouvait mon grand-père au même âge que moi. Il posait avec une quinzaine de garçons regardant l’objectif. C’était une image saisissante : des jeunes gens vivant une vie d’aventuriers dans la forêt pouvaient donner naissance à une dramaturgie très forte ». Dans le film, si le maquis n’est pas situé géographiquement, Romain Cogitore a tenu à tourner en Alsace et dans les Vosges. Pour cet originaire de la région, les jeunes héros du film se battent pour préserver cette contrée.

 

Synopsis : Été 1944. François est un secouriste insouciant de dix-neuf ans, son désir secret est de pouvoir coucher avec son amoureuse. Un soir ils sont sur le point de franchir le pas, mais un résistant vient demander de l’aide. François monte au maquis pour impressionner la jeune fille et rejoint un groupe de quinze garçons immatures. Mais là-haut rien ne se passe comme prévu. La guerre les rattrape, marquant brutalement la fin d’une innocence et François se retrouve pris entre deux feux…

  • Drame
  • Forêt
  • Historique

Une enfance

Une enfance

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2015
  • Réalisateur : Philippe Claudel
  • Scénaristes : Philippe Claudel
  • Production : Les Films du Losange, France 3 Cinéma
  • Distribution : Les Films du Losange

« Je rêvais depuis longtemps de filmer la petite ville où je suis né et où je vis, une ville singulière, mi industrielle, mi campagnarde, et dont la composition sociologique permet de parler d’une certaine France d’aujourd’hui. »

« Dombasle est une cité industrielle située dans l’extrême banlieue de Nancy, en lisière de campagne. L’une de ses spécificités est d’avoir été modelée par la présence, dès la fin du XIXe siècle, d’une grosse usine qui fabriquait et fabrique encore, du carbonate de soude. Le groupe belge Solvay auquel elle appartient avait une philosophie paternaliste : il a fait construire des logements pour tous ses employés, de l’ouvrier au directeur, des écoles, une bibliothèque, un hôpital, un stade, une salle des fêtes. Ces bâtiments ont la particularité d’être en brique rouge comme en Belgique ou dans le nord de la France, ce qui est très inhabituel en Lorraine. Ce qui peut surprendre aujourd’hui c’est que bien des rues ont d’un côté des cités ouvrières comme celles dans laquelle habite Jimmy, le personnage principal, et de l’autre des maisons bourgeoises d’ingénieurs, de directeurs, à l’image de celle où a lieu le goûter d’anniversaire dans le film. Les deux décors, dans la réalité, se font face : dix mètres à peine les séparent. »

« Une autre curiosité de Dombasle, c’est l’intrication de la nature dans la ville. On ne voit jamais, il me semble, ce genre de paysage au cinéma. Dans cette ville, on passe sans transition d’un champ avec des vaches à un entrepôt industriel, des bords bucoliques d’une rivière ou d’un canal au corps monstrueux et bruyant d’une sorte de haut-fourneau. La nature est présente partout, et pas seulement dans les jardins ouvriers de la barre de cités ouvrières où nous avons tourné, dont l’abandon parle aussi de la fin d’un certain modèle social et d’un mode de vie. Là encore, les cartes semblent battues d’une façon qui n’existe plus guère aujourd’hui où les paysages sont soit industriels ou post-industriels, soit campagnards. Ici, tout coexiste, cohabite, tout s’interpénètre. Visuellement, c’est bien entendu quelque chose de formidable à exploiter, et cela permet aussi d’enrichir la psychologie et le parcours de Jimmy. Notez que, Une enfance, hélas, pourra être considéré et de façon indirecte comme un documentaire puisque les cités ouvrières où vit Jimmy ainsi que les jardins qui en dépendent ont été malheureusement détruits et rasés dès la fin du tournage ».

« Tous les lieux filmés sont ceux de mon enfance. Et curieusement, cela n’a pas beaucoup changé. Les chemins, les coteaux, les champs, les boqueteaux où je me promène sont ceux-là même où je me promenais enfant. Quand je vais à la pêche, c’est au bord des mêmes canaux, des mêmes étangs, des mêmes rivières que jadis. Nous traversions le barrage sur la Meurthe pour aller explorer l’Île aux corbeaux, comme Jimmy et Kevin le font dans le film. Nous piqueniquions près de l’ancienne piscine, comme eux avec leur grand-mère. Nous nous baignions aussi déjà dans le port du canal de la Marne au Rhin face à l’usine. Dans la scène où les enfants boivent de l’eau dans le cimetière, on voit dans l’arrière-plan la maison de mes parents qui sont morts maintenant. Ma maison d’enfance. Le cerisier sur lequel ils chapardent les fruits a été planté par mon père. Il y a dans tout le film une matière très intime, des échos constants à ma vie passée, à ma vie présente. »

Philippe Claudel (Dossier de presse officiel du film)

Une production soutenue par la région Lorraine.

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scènes à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle) : l’usine Esco, la rue Sainte-Hélène, l’école Marcel Leroy, les rives de la Meurthe, etc.
  • scènes à Nancy (Meurthe-et-Moselle) : le parc de la Pépinière
  • scènes à Saint-Nicolas de Port (Meurthe-et-Moselle)
  • scènes à Damelevières (Meurthe-et-Moselle)

L’histoire se déroule l’été des 13 ans de Jimmy (Alexi Mathieu), un enfant qui « se cogne aux limites de sa petite ville et de sa vie heurtée ». La ville de Dombasle-sur-Meurthe est très présente dans le film puisque toute la vie de Jimmy s’y résume : son logement exigu, son école, ses camarades, ses terrains de jeu où il erre, le terrain de tennis dont il rêve. Obligé de s’occuper de son petit frère Kévin (Jules Gauzelin), il assume le rôle de chef de famille, rôle délaissé par les adultes du foyer. Dans une scène, son beau-père (Pierre Deladonchamp) le contraint à aller chercher de la drogue chez un dealer en lui confiant la somme d’argent nécessaire. Le sujet est lourd ; le film sombre.

Dans cette noirceur, quelques scènes illuminent l’écran. Parmi elles, celle dans laquelle Jimmy emmène Kévin au parc de la Pépinière à Nancy. Si les deux enfants habitent à la lisière de la cité, une seule séquence les autorise à quitter la petite ville de Dombasle-sur-Meurthe pour la grande métropole nancéienne. Lors de sa course, Jimmy a subtilisé un billet de vingt euros sur le montant donné par Duke. La scène suivante, il achète deux cornets de glace que les frères dégustent sur un banc. Des vingt-trois hectares du célèbre parc de la Pépinière, Philippe Claudel montre le marchand de gourmandises et la roseraie situés au centre du parc.

En moins d’une minute, le lieu est présenté comme un havre de paix, comme une parenthèse enchantée dans le quotidien des deux garçons. Même si la séquence est teintée de joie, n’occultons pas que les frères se trouvent essentiellement entourés d’autres enfants accompagnés, contrairement à eux, de leur famille. Kévin se plaint également à ce moment que les sachets de drogue cachés dans son slip lui provoquent des démangeaisons. À cet instant aussi, le désordre habituel ne les quitte pas.

L’insertion visuelle du parc de la Pépinière n’est pas assortie de mention orale. Il est donc probable que le public ne reconnaisse pas nécessairement le territoire nancéien. Pour Philippe Claudel, il s’agit avant tout d’ancrer la scène dans un lieu aux attributs particuliers et évocateurs : un espace de nature, entretenu et dédié aux loisirs.

Si le parc de la Pépinière est symbolique dans le film, Dombasle-sur-Meurthe reste le lieu phare de l’histoire. Philippe Claudel précise dans le dossier de presse du film, « Dombasle structure le récit de mon film ». Plus qu’un décor placé en arrière-plan, il confère au placement territorial filmique une fonction narrative primordiale : « J’avais envie de raconter Dombasle […] de raconter les paysages de Dombasle. […] Et j’avais très envie de filmer la rue Hélène ». Après le passage du tournage, la rue a été détruite. Le réalisateur tenait à immortaliser ce lieu particulier dans son film : «  J’aime tellement cette rue que j’avais envie de construire une histoire autour pour la fixer un petit peu en cinéma » (France3 région Lorraine, 9 juin 2014).

Nous comprenons que le point de départ de l’histoire est le territoire. Philippe Claudel affirme qu’il a imaginé tout son film à partir de celui-ci. Dombasle-sur-Meurthe forge la personnalité et l’histoire de Jimmy mais il fonde surtout le récit. La ville, grâce à ses nombreux visages, bâtit le film, scène après scène. S’il avait été tourné dans un autre endroit, le film n’aurait pas raconté la même histoire. Dans ces trois illustrations, le territoire élabore et porte la trame narrative du film ; cette insertion territoriale filmique est alors irremplaçable.

 

Synopsis : Au cours d’un trop long été, Jimmy, un enfant de 13 ans que les circonstances forcent à devenir trop vite adulte, se cogne aux limites de sa petite ville et de sa vie heurtée, entre une mère à la dérive et un beau-père qui le tient sous sa coupe.

 

  • Cimetière
  • Drame
  • Parc
  • Usine

Main dans la main

Main dans la main

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2012
  • Réalisateur : Valérie Donzelli
  • Scénaristes : Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm, Gilles Marchand
  • Production : Rectangle Productions, Wild Bunch, France 3 Cinéma, Scope Pictures
  • Distribution : Wild Bunch Distribution, Moving Turtle

« Commercy est une commune située dans le département de la Meuse. La Meuse c’est la région de mon enfance. J’y ai passé toutes mes vacances petite car mes grands-parents (maternels et paternels) habitaient là-bas. Je connais bien les paysages lorrains et leur lumière, qui en automne sont vraiment magnifiques. Cela me faisait plaisir de retourner là-bas et de faire ainsi découvrir cette région à travers le film, région qui était si chère à ma mère ».

Valérie Donzelli (Dossier de presse du film)

Une production soutenue par la région Lorraine.

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • scènes à Commercy (Meuse) : l’avenue Stanislas, le château Stanislas, l’établissement « À la Cloche Lorraine », le passage Saint-Patrice, la rue de la Paroisse, l’avenue Voltaire, la place du Fer à Cheval, la rue Colson, la rue du Dr Boyer, etc.
  • plans sur les côtes de Meuse
  • stock-shots sur la campagne meusienne
  • produit régional : boîte individuelle avec une Madeleine Royale de Commercy (Meuse) à l’intérieur
  • mentions écrites : boîtes postales « Commercy » et « Void-Vacon » (Meuse)
  • mentions sonores : “Commercy” , « né à Bar-le-Duc, 55 Meuse » , « Il faut que je rentre / Où ça ? / A Commercy / La ville des madeleines ? / Commercy, chic on va manger des madeleines ! »

Dans son film, Valérie Donzelli campe des personnages très différents qui ne pourront plus se séparer. Hélène Marchal (Valérie Lemercier), parisienne jusqu’au bout des ongles, rencontre Joachim Fox (Jérémie Elkaïm), originaire de Commercy (Meuse). Les deux premières séquences montrent les différences entre les protagonistes. Jojo apparaît sur un skateboard dans la forêt meusienne, au cœur d’une nature automnale vaste et calme. L’image est balayée de droite à gauche : nous découvrons un court plan de la tour Eiffel autour de laquelle volent une douzaine de pigeons. Ces vols en toute liberté vont contraster avec le plan suivant. Hélène et Constance (Béatrice de Staël) se confient l’une à l’autre, coincées dans un recoin exigu de l’opéra Garnier, filmées à contre-jour devant les grilles en fer forgé. Immédiatement, nous voyons en Jojo l’authenticité et la liberté alors que le personnage d’Hélène semble compliqué et complexé. Le spectateur fait connaissance des deux personnages principaux dès le début du film mais découvrira Jojo en profondeur lors des scènes se déroulant dans sa famille, à Commercy. La réalisatrice s’exprime sur le tournage de ces séquences difficiles à mettre en scène : « Je ne voulais pas jouer la province contre Paris, encore moins me moquer de cette famille, aux antipodes du monde d’Hélène. C’est délicat de ne pas avoir l’air de juger lorsque la majorité du film suit d’autres personnages qu’eux : en l’occurrence, Hélène et Jojo, à Paris ». Ici, les origines familiales de Joachim conditionnent son statut social qui vient en opposition à celui de son binôme Hélène (Valérie Lermercier), bourgeoise parisienne.

Par ailleurs, elle présente Commercy comme « la ville des madeleines ». Dès leur arrivée dans la ville, les Parisiennes du film se rendent au magasin « À la cloche lorraine », ancienne adresse de production du célèbre gâteau. La madeleine symbolise le territoire commercien et matérialise les racines familiales de Joachim. Dans la séquence finale, Joachim a déménagé pour New York ; il est donc loin de chez lui. Pour annoncer la naissance de son fils, sa sœur (Valérie Donzelli) lui adresse un petit colis : une madeleine « Royale » emballée individuellement et présentée dans sa boîte en bois au décor traditionnel. La réalisatrice met en scène un produit régional pour créer une allégorie de l’identité territoriale de son personnage.

 

Synopsis : Quand Hélène Marchal et Joachim Fox se rencontrent, ils ont chacun des vies bien différentes. Hélène dirige la prestigieuse école de danse de l’Opéra Garnier, Joachim, lui, est employé d’un miroitier de province. Mais une force étrange les unit. Au point que, sans qu’ils puissent comprendre ni comment, ni pourquoi, ils ne peuvent plus se séparer.

  • Château
  • Comédie dramatique
  • Place
  • Produit