Le fabuleux destin d’Amélie Poulain

  • Nationalité : France
  • Année de production : 2001
  • Réalisateur : Jean-Pierre Jeunet
  • Scénaristes : Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurant
  • Production : France 3 Cinéma, StudioCanal, Tapioca Films
  • Distribution : UFD

  • Synopsis :

    Synopsis : Amélie, une jeune serveuse dans un bar de Montmartre, passe son temps à observer les gens et à laisser son imagination divaguer. Elle s’est fixé un but : faire le bien de ceux qui l’entourent. Elle invente alors des stratagèmes pour intervenir incognito dans leur existence. Le chemin d’Amélie est jalonné de rencontres : Georgette, la buraliste hypocondriaque ; Lucien, le commis d’épicerie ; Madeleine Wallace, la concierge portée sur le porto et les chiens empaillés ; Raymond Dufayel alias « l’homme de verre », son voisin qui ne vit qu’à travers une reproduction d’un tableau de Renoir. Cette quête du bonheur amène Amélie à faire la connaissance de Nino Quincampoix, un étrange « prince charmant ». Celui-ci partage son temps entre un train fantôme et un sex-shop, et cherche à identifier un inconnu dont la photo réapparaît sans cesse dans plusieurs cabines de Photomaton.

Présence de la région Grand Est dans le film :

  • Boîte de Bergamottes de Nancy de Lefèvre Georges

Dans le film, Amélie tombe fortuitement sur les souvenirs d’enfance d’un petit garçon, souvenirs bien cachés dans une ancienne boîte de Bergamottes de Nancy. Rouge et or, elle est décorée de chardons, de croix de Lorraine et des grilles de Jean Lamour (Place Stanislas). À l’intérieur, Amélie y découvre une figurine de cycliste, une photographie du joueur de football Just Fontaine, un jeu de cartes, un couteau, quelques billes, etc. Ces trésors seraient des clins d’œil aux années d’études du réalisateur.

Jean-Pierre Jeunet passe une partie de son enfance à Nancy. Nous sommes dans les années 50, le petit Jean-Pierre s’approprie alors une boîte de Bergamottes de Nancy de la Maison Lefèvre Georges et y cache précieusement ses trésors d’enfant. Livre d’aventure, sifflet, billes, cycliste en plomb… Lors de l’écriture du scénario du « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain », il se rappelle ce trésor qu’il a toujours jalousement conservé et a l’idée de faire de cette boîte métallique une actrice du film : ce sera la boîte au trésor d’enfance de Dominique Bretodeau, qu’Amélie découvrira un 30 août 1997, jour du décès accidentel de Lady Diana, à la quatorzième minute du film, cachée derrière une plinthe de sa salle de bain. Cette boîte de Bergamottes de Nancy va changer sa vie !

Capture du film
Capture du film

Jean-Pierre Jeunet a conservé de Nancy de précieux souvenirs d’enfance semés dans ses films et une vocation pour le cinéma qu’il a su bien exploiter plus tard… ER/Alexandre MARCHI

L’enfance de Jeunet dans une petite boîte rouillée…

Par Lysiane GANOUSSE 25 juil. 2019 – Est Républicain

« L’air de rien, cette petite boîte est passée à la postérité cinématographique par la grâce d’un sourire, celui d’Audrey Tautou. Mais surtout par celle d’un souvenir, celui du réalisateur du film. Nul besoin d’être grand clerc pour supposer en effet que le petit garçon en question s’appelait Jean-Pierre. Et qu’une fois devenu grand, il répond surtout au nom de Jeunet, réalisateur en 2001 de ce film mythique aux 30 millions de spectateurs : le « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ». Depuis Roanne (dans la Loire) où il est né en 1953, Jean-Pierre Jeunet a bien vite débarqué à Nancy, où il laissa pousser son enfance, rue Patton, puis ses rêves d’adolescence.

Un poisson rouge suicidaire

Or de cette jeunesse lorraine, il a égrainé quelques traces à l’écran, à commencer par cette scène « tragique » d’un p’tit gars dont les poches crevées dispersent toute sa collection de billes fraîchement gagnées. Scène dont Jeunet racontait dans nos colonnes, en 2001, avoir été le témoin privilégié dans la cour d’école… Stanislas. Et que dire de ce poisson rouge considéré comme suicidaire pour sa propension à s’éjecter obstinément hors de son bocal ? C’était le poisson familial, acheté à la foire du cours Léopold, que la famille Jeunet tentait régulièrement de sauver lorsque l’animal s’autoprojetait sur les carreaux de la cuisine. Le petit Jean-Pierre finit d’ailleurs par le libérer dans le bassin du square Blondlot.

Que reste-t-il donc alors de son enfance nancéienne, peut-on s’interroger à présent. La réponse est peut-être à chercher dans une citation du Fabuleux Destin : « L’enfance, tout ce qu’il en reste, ça tient dans une petite boîte rouillée… » Qui sent la bergamote, le houblon et le sapin vosgien… »